Randonnée en Touraine

DU 28 AU 30 JUIN 2019

C’est dans le vent, la pluie et le froid que la Loire nous a accueillis ces derniers mois lors de nos randonnées à vélo.

Cette fois, rien de tout ça, le fleuve royal serpente sous un ciel d’azur à travers des paysages écrasés de chaleur. Les hommes sont chez eux derrière leurs persiennes fermées, les animaux terrés dans les rares zones d’ombre. Lorsque nous quittons Tours vendredi en fin de matinée, la chaleur est déjà intense. Nous offrons notre destinée aux rives du Cher pour un voyage à Langeais témoin du mariage de Anne de Bretagne, chère à nos cœurs, et de Charles VIII. 30 kilomètres, ça n’est rien, mais les 10 derniers kilomètres ne nous offrent aucune zone ombragée. A Langeais, nous découvrons le château et son pont levis puis nous nous dirigeons vers la très jolie petite église. Nous mettons nos vélos à l’abri à l’intérieur près du portail, le Bon Dieu comprendra.  Le soleil est au zénith, alors nous buvons, nous buvons beaucoup. Au retour, une halte au bord du Cher tout près d’un troupeau de vaches debout dans la rivière, de l’eau jusqu’aux mamelles, nous permet de mouiller shorts, t- shirts et casquettes. La situation est ubuesque, nous sommes heureux, seuls au milieu de ce tableau inattendu. Quel bonheur d’être les témoins d’une telle scène.

En arrivant au château de Landry, il est 17h, aucun visiteur, alors les grilles du château ferment. Les Autochtones n’avaient jamais vécu une chose pareille.

Les vaches à l’eau

Donc, nous repartons vers Tours, par le même chemin, mais cette fois, des zones ombragées nous protègent. Nos arrêts « mouillage » sont les bienvenus, mais le soleil est derrière nous et en quelques minutes, les dos sont secs. Encore quelques coups de pédales nous voilà à l’hôtel sous la douche et après un bref repos, nous partons à la découverte de l’hyper centre de Tours, tout près de là  où règne une ambiance festive mais calme à la fois, la température étant toujours très élevée.

Nous dînons d’une salade rafraichissante dans un restaurant où, malgré une clim installée tout près de nous, la température est encore de 33°C.

Sur la place, quelques inconditionnels du foot regardent inquiets sur des écrans géants les exploits de l’équipe de France féminine, l’avenir donnera raison à leur inquiétude.

Sur le chemin du retour à l’hôtel, nous rencontrons un type un peu marginal avec qui nous chantons « le temps des cerises ». Il commence à nous raconter sa vie, mais la chaleur a raison de notre enthousiasme, nous rentrons à l’hôtel. La nuit, la température ne baisse pas suffisamment pour permettre une bonne récupération, mais qu’importe, le lendemain matin, nous sommes à 9h au marché pour faire le plein de fruits.

Nous adaptons notre deuxième journée à la chaleur annoncée (39°C). Après avoir pédalé dans le parc de Sainte Radegonde où vivent quelques chèvres et lamas, nous décidons de nous rendre au prieuré de Saint-Cosme. C’est un émerveillement, ces lieux sont encore chargés d’une belle histoire, celle de Ronsard : « vivez si m’en croyez, n’attendez à demain, cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie … ». C’est entre les vestiges de l’église, le cloître, le réfectoire, le jardin des parfums, le potager que nous suivons cet homme dont les poèmes ont traversé les siècles. Partout des roses jalonnent notre parcours, le lieu est magique et … vide, le soleil brûlant de midi est là …

Quelques tours de roues nous conduisent à l’ombre d’une église à La Riche où nous savourons nos fruits du marché. Après avoir parcouru quelques kilomètres sur la rive gauche de la Loire en direction d’Amboise, nous revenons sur Tours pour nous poser dans l’ile Simon qui nous offre des accès faciles à la Loire pour nous rafraichir.

« Gloire au travail, mépris à la paresse … » les compagnons nous le disent. Nous allons les retrouver durant une heure dans la maison qui leur est consacrée dans l’ancienne abbaye Saint julien là, tout près de la Loire. Un bel instant de réflexion sur notre époque …

Puis l’église, Saint Julien transformée en un musée d’art contemporain nous ouvre ses portes… il ne fallait pas manquer la visite, un univers totalement décalé, inattendu. Ca vaut le voyage.

La journée s’achève sous une chaleur toujours aussi intense, nous dînons près de la place centrale. Demain, la température baisse, c’est décidé, nous partons sur les pas de Balzac.

Il est 9h, l’air est léger, la température très douce, nous pédalons au sud vers Saché. Ce trajet de 25 km, Balzac le faisant à pied. Les petites routes de campagne sont parsemées de petits châteaux, de belles demeures, de maisons au toit d’ardoises, de moulins. Les talus sont habillés de mille fleurs multicolores, l’odeur du chèvrefeuille remplit la campagne. Voici l’Indre, qui, comme le Cher, coule vers l’ouest pour alimenter la Loire. Le « Lys dans la vallée » et son cortège d’aventures, nous dit que peut-être nous croiserons, au détour d’une petite route Madame de Mortsauf …Mais non, elle n’est pas là, elle est restée dans le cœur de Balzac, tout simplement. Nous faisons étape à Artannes, comme Il le faisait jadis c’est à pont de Ruan, auprès d’un joli petit moulin que nous prenons notre dernier casse-croûte du séjour.

La vallée du lys

Lors de notre randonnée en Loiret, au mois de Mai, nous écrivions : « La Loire est belle …Le  froid est toujours là et le vent …On aime le vent, car c’est lui qui nous apporte l’histoire des hommes, l’histoire des contrées  traversées. Et elles sont nombreuses et variées ces contrées, toujours différentes elles nous attendent. »

Aujourd’hui nous pouvons écrire : « La Loire est belle, comme ses enfants, le Cher et l’Indre. Ils nous ont préservé des grandes chaleurs qui souvent, au même titre que le vent, le froid, la pluie effrayent l’homme moderne ». Nous avons vécu trois journées d’une belle intensité et parcouru 150 km de bonheur. Merci la vie.

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